Thao TRAN MINH
From Precis
Celui qui trouve le nom de l’animal dessiné sur l’image que montre la maîtresse aura droit à une gommette étoile… Elle est la première à reconnaître l’animal, lève la main et répond fièrement « c’est un co’n héo ! ». Contre toute attente, la maîtresse préfère donner la belle gommette à un autre enfant, qui lui, a répondu « c’est un cochon ». C’est donc à 5 ans, dans un profond sentiment d’injustice et de frustration, que Thao Tran-Minh apprend qu’à l’école, si on veut une gommette, un cochon, c’est mieux…
…et qu’elle se heurte ainsi pour la première fois, au rapport ambigu entre langue de l’école et langues de la maison. Née en France de parents vietnamiens, Thao grandit en effet au milieu de deux langues qui, à la maison, ne cessent de s’entrecroiser naturellement mais qui, à l’école, deviennent de parfaites inconnues. A travers sa propre expérience et son parcours, partagés par de nombreux enfants de sa génération, issus de foyers alloglottes, l’intérêt, suscité par les questions entourant les langues et identités d’enfants comme elle, grandissant en contexte migratoire, voit le jour.
Sous la direction de Daniel Véronique, à l’université Paris III – La Sorbonne Nouvelle, elle tente alors de mettre en forme ses interrogations à travers la rédaction d’un master puis d’un doctorat en didactique des langues et des cultures. Parallèlement allocataire de recherche, monitrice puis ATER, elle continue à former sa réflexion auprès des publics étrangers à qui elle enseigne.
