Marisa CAVALLI

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est née sur une frontière qui n’en fut longtemps pas une. La langue des siens, celle de ses racines - le francoprovençal – ne lui fut pas transmise. Souci de lui faciliter la vie ? Honte non exprimée ? Sentiment refoulé d’une minoration ? C’est ainsi qu’elle apprit en famille la langue de l’État italien et c’est à l’école qu’elle rencontra l’autre langue officielle de sa Région, le français. À l’Université, elle hésita entre les langues anciennes (latin et grec) et le français : Proust fournit l’argument décisif. La rencontre avec l’anglais, trop tardive pour la bilingue qu’elle était, ne fut ni enthousiasmante ni concluante. C’est donc le français qu’elle enseigna dans les classes du Val d’Aoste, expérimentant avec ses collègues des pratiques décloisonnées.

Entrée dans un institut de recherche éducative (IRRSAE, puis IRRE-VDA), c’est une réflexion sur différentes frontières qui l’a tour à tour impliquée : l’enseignement de la culture locale au croisement des disciplines et avec un regard au-delà des … frontières ; la pédagogie intégrée des langues; l’éducation bilingue intégrant les langues et les contenus disciplinaires : avec une attention toute particulière aux frontières entre école et société, entre didactique des langues et aspects sociolinguistiques du contexte, entre politique linguistique éducative et politique linguistique tout court, entre pratiques langagières et représentations sociales. C’est le passage de conceptions monolingues ou bilingues perfectionnistes, voire équilingues, à l’idée d’un plurilinguisme riche et diversifié tel qu’il est prôné par le Conseil de l’Europe qui l’occupe en ce moment.

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