Laurent PUREN
From Precis
Né à Saint-Brieuc à la fin des années 1960, LP fait partie de ces nombreux Français dont les ascendants, sans qu’il soit d’ailleurs besoin de remonter très loin dans le temps, sont entrés à l’Ecole de la République sans connaître la langue nationale ou en n’en possédant que des bases sommaires. Il est également issu d’une de ces nombreuses familles françaises qui, en l’espace de quelques générations, sont passées d’un monolinguisme en langue régionale (breton) à un monolinguisme en français. Il incarne, qui plus est, l’aboutissement de ce processus de transfert de langues car appartenant, du moins d’un côté de sa famille, à la première génération qui ignore tout de la langue de ses aïeux. Fils et petit fils d’alloglottes, quelque peu frustré à l’âge adulte de se retrouver en quelque sorte dépouillé d’une partie de l’héritage culturel familial, il ne pouvait qu’être sensible au sort d’autres alloglottes.
Après des études d’anglais et de linguistique à Angers et quelques remplacements comme professeur d’anglais en collège, il s’initie au FLE en Malaisie à l’occasion de son service national accompli comme coopérant dans une université située non loin de Kuala Lumpur. Il y enseigne le français à des étudiants malaisiens qui, après obtention d’une bourse, se destinaient à effectuer leurs études supérieures en France. A son retour, il intègre l’IUFM d’Etiolles, dans l’Essonne, d’où il ressortira 2 ans plus tard comme professeur des écoles. Il enseigne 5 ans dans une école primaire de la région parisienne auprès d’élèves dont les origines variées et le plurilinguisme, pas pris ou mal pris en compte par l’institution éducative, le conduisirent à entreprendre une réflexion sur la manière dont l’Ecole française gérait et avait géré la différence culturelle et linguistique de son public. C’est ainsi que, parallèlement à son travail d’enseignant, il commence un cycle d’étude en FLE qui le conduira à l’obtention d’un doctorat en Didactologie des langues et des cultures, obtenu en 2004 à l’université de Paris 3 – Sorbonne Nouvelle. Sa thèse, rédigée sous la direction de Daniel Véronique, dresse un historique de la prise en compte des langues des minorités dans le système éducatif français depuis le XIXe siècle. Son parcours professionnel le mène ensuite à Lille où, 5 années durant, il enseigne le FLE, d’abord à l’université de Lille 3, puis de Lille 1, avant d’obtenir, en 2006, un poste de maître de conférences en sociolinguistique de l’Océan Indien et didactique du FLE/S à l’université de la Réunion, où il exerce toujours. Ses principaux domaines de recherche sont : l’histoire de la didactique des langues, l’enseignement primaire dans les contextes de FLS, les politiques linguistiques éducatives, les situations de plurilinguisme et de contacts de langues, notamment celles intervenant en contexte frontalier.
