Guillaume GENTIL
From Precis
Guillaume Gentil est tombé dans la marmite du pluriculturalisme quand il était petit. Natif de Savoie, il passe une partie de sa petite enfance au Sénégal, au Cameroun et à Madagascar où il apprend à balbutier le malgache avec sa nounou. Son père a travaillé toute sa vie pour une ONG oeuvrant à des projets de développement en Afrique francophone, en Amérique latine et en Asie du Sud Est et, même quand la famille s’installe définitivement à Paris, il n’est pas rare de s’attabler avec des convives des quatre coins du monde.
Adolescent, Guillaume ressent de plus en plus le désir de vivre à l’étranger, désir difficile à expliquer mais non moins intense. Ses débuts avec l’anglais, sa troisième langue en classe de quatrième après l’allemand et le latin, sont plutôt difficiles. Son oreille est mauvaise, il ne comprend rien, son accent est terrible, on ne le comprend pas et il reçoit un E (la moins bonne note, sur une échelle de A à E), pour avoir écrit December 1th au lieu de December 1st au début d’un devoir. Cependant, il persévère, il s’anglophile, il écoute la BBC, il va en Angleterre et aux États-Unis. L’anglais, devenue langue des vacances, de l’amitié, de l’évasion, devient une bouée de sauvetage lorsqu’il fait ses classes préparatoires, en mathématique supérieure biologie, au lycée Saint Louis ; il se raconte des petites histoires, en anglais, mini-dictionnaire en main, quand il se rend au lycée, par le jardin du Luxembourg, à reculons, regrettant de ne pas traverser le boulevard Saint Michel, où se trouve la Sorbonne, juste en face, avec les programmes en linguistique et en études anglaises, loin du stress des mathématiques.
Finalement, son rêve se réalise, il travaille aux États-Unis, comme coopérant scientifique chercheur, puis il est accepté dans un programme de maîtrise en didactique de l’anglais langue seconde à l’Université McGill à Montréal, où il prépare et obtient son doctorat. Même si son parcours ne figure pas dans les cas étudiés, sa thèse, sur le développement du bilinguisme et de la bilittératie, en rapport avec la construction identitaire chez des scientifiques francophones en France et au Canada, s’inscrit dans une démarche de questionnement sur son propre cheminement ; d’où lui vient ce désir de vivre à l’étranger dans une langue et dans une culture étrangères?
Établi à Ottawa depuis 2004, Guillaume Gentil est professeur adjoint à l’École de linguistique et d’études langagières appliquées de l’Université Carleton. Il se spécialise dans l’enseignement des langues sur objectifs spécifiques, l’écrit en langue seconde, et le développement de compétences de communication bilingues anglais français dans des contextes scientifiques et professionnels.
