Geneviève ZARATE
From Precis
Ayant vécu son enfance dans le nord de la France, Geneviève Zarate a passé son enfance dans un environnement monolingue, si on excepte le « patois » parlé par ses grand parents, surnommé « ch’ti », langue associée à la culture des mineurs de charbon de cette région. Le respect dû aux plus humbles, dicté par le militantisme associatif de son père, instituteur au service des causes nobles de la République, est un modèle qui a guidé ses premiers pas de formateur à 16 ans dans le secteur associatif des loisirs pour jeunes, puis de formateur de formateurs dans ce milieu.
L’école lui a fait découvrir le latin, l’anglais, l’allemand, le grec ancien, qu’elle a appris de façon studieuse, mais avec la relative indifférence des disciplines imposées. Elle est devenue professeur de français langue maternelle, parce qu’elle a suivi son penchant personnel pour l’écriture et son goût immodéré de l’étude des textes littéraires. L’agrégation de lettres lui a ouvert les portes de la liberté intellectuelle, celle qui invite à quitter les chemins trop rectilignes et à s’expatrier en Colombie pour y rejoindre, sans salaire assuré, celui qui allait devenir son mari. Elle y a découvert qu’on pouvait communiquer dans l’urgence des exigences quotidiennes et dans la chaleur d’une famille adoptive francophile, colombo-libanaise, qu’être expatriée impliquait un rapport complexe avec ses compatriotes sur place et que l’intensité des positions socialement paradoxales était une ressource intellectuelle inépuisable.
Revenue en France, elle a progressivement proposé une lecture pluridisciplinaire de la relation liant langues et altérité, de la diffusion du français et des langues, du rôle que jouent leurs acteurs dans et hors systèmes éducatifs, en articulant des disciplines telles que la géopolitique, l’histoire des influences culturelles et linguistiques, la sociologie de la mobilité ou encore l’anthropologie du quotidien. Elle développe ainsi un modèle où les positions minorées font la bonne fortune de ceux qui questionnent les idées reçues. Elle est actuellement titulaire de la chaire « didactique des langues » à l’Institut national des langues et civilisations orientales où elle a initié l’équipe de recherche Pluralité des langues et des Identités en Didactique : Acquisition, Médiations (Jeune équipe 2502 PLIDAM)
