Brigitte LEPEZ
From Precis
A toujours eu l’impression d’être sur les marges.... là où les frontières sont si visibles qu’elles dessinent l’exclusion et donnent envie d’être ailleurs et de construire des outils pour une meilleure communication interculturelle. Ayant vécu dans une ville défigurée par la folie nazie, l’Europe a été vécue, dès l’enfance, comme une évidence rationnelle, une promesse de bonheur à construire dans l’urgence. Et pourtant les obstacles ne manquaient pas. Née dans une famille bilingue où le néerlandais et le français s’alternaient tout naturellement et harmonieusement, selon les contextes et les objectifs de communication, il a été douloureusement impossible de comprendre la discrimination subie par des grands parents flamands, qui ne pardonnèrent jamais à leur fille une mésalliance avec un Français, au point que la situation tendue actuelle de la Belgique semble un remake hallucinant, représentatif des frontières érigées par une revendication identitaire exacerbée, politiquement exploitée. De même, au collège de la République, le parler flamand, encore actif à l’époque, entre enfants des zones frontalières, donnaient lieu à une répression difficile à intégrer. De là est née très certainement la passion de la pédagogie afin de rendre lisible le complexe et d’apprendre à communiquer au pluriel. Le premier poste de titulaire de Lettres, fut à Roubaix, dans un collège à fort pourcentage d’enfants issus de l’immigration maghrébine, où pendant 10 ans, à l’époque où le domaine du FLS ( français langue seconde) n’était pas encore reconnu, l’enseignement du français consistait en un bricolage didactique permanent entre les outils et les méthodologies du FLE( français langue étrangère) et du FLM, (français langue maternelle) complété par de nombreuses activités culturelles extra-scolaires où création culturelle et contacts directs avec des lieux, des acteurs et des actions culturelles, en France et à l’étranger, agrandissaient le territoire, le répertoire et le regard culturels des enfants socialement défavorisés. Des vacations de FLE à des étudiants internationaux de l’université permirent d’expérimenter des méthodes de langues avec analyse des besoins langagiers, et d’importer au collège des pratiques de classe mieux adaptées au profil des élèves, en dehors des programmes officiels classiques que l’institution scolaire continuait à imposer. Une Thèse sur la femme et l’enfant dans les textes utopiques du 17 et 18 ième siècles, permit d’explorer la riche littérature utopique d’un Siècle des Lumières, si proche de la modernité, par la conscience de la finitude d’un monde et la recherche de nouvelles valeurs et de nouveaux modes de vie à construire dans une quête désespérée du Bonheur. Les nombreuses recherches en histoire de la famille, en droit, en sociologie, en éducation…. aboutirent à une réorientation vers la dimension interculturelle en didactique et sciences de l’éducation. Des voyages à l’étranger, dix ans de gestion pédagogique de formations de FLE aux Pays bas , un poste de Maître de conférences et de directrice pédagogique d’un centre universitaire de FLE ouvert aux étudiants internationaux, et des collaborations de recherche et de formation avec des enseignants chercheurs à l’étranger, constituent un terrain d’étude de la compétence interculturelle et des dispositifs de médiation et d’interaction entre cultures et enseignement- apprentissage des langues et des cultures.
courriel: brigitte.lepez@libertysurf.fr
